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La thérapie de couple

Main arc-en-ciel tenant

À propos

Comment je travaille

Je suis Gestalt-thérapeute relationnel, formé à l'IDeT et en cours de certification européenne EAGT. Mon ancrage théorique est la perspective de champ — l'idée que le thérapeute n'observe pas le couple de l'extérieur, mais participe au champ qu'il observe. Ce que je ressens en séance — mon ennui, ma tension, mon émotion, ma confusion — n'est pas un parasite : c'est une information sur ce qui circule dans le champ du couple, sur ce qui cherche à se dire et ne trouve pas de forme.

Je m'appuie sur un principe simple, formulé par Arnold Beisser sous le nom de « théorie paradoxale du changement » : le changement advient quand on cesse d'essayer de devenir ce qu'on n'est pas, et qu'on commence à habiter pleinement ce qu'on est. Lynne Jacobs le résume d'une formule que je fais mienne : « Rencontrer, ne pas déplacer. »

En pratique, cela signifie que je ne propose pas de plan d'action. Je ne donne pas de « techniques de communication ». Je ne dis pas à l'un qu'il devrait écouter davantage ni à l'autre qu'elle devrait exprimer ses besoins plus clairement. Je crée un espace où les deux partenaires peuvent commencer à percevoir ce qui se passe réellement entre eux — en-deçà des reproches, en-deçà des discours rodés, en-deçà des rôles figés.

Je mobilise pour cela un croisement de perspectives théoriques qui se nourrissent mutuellement : la phénoménologie gestaltiste, attentive à ce qui émerge à la frontière-contact du couple, instant par instant ; la psychanalyse du lien, qui éclaire les alliances inconscientes, les héritages transgénérationnels et les pactes qui structurent le lien en profondeur ; et la psychologie relationnelle, qui pense l'intersubjectivité non comme un échange entre deux entités séparées, mais comme un champ de co-création permanente où chacun est constamment façonné par la présence de l'autre.

Ce travail passe par la parole, mais pas seulement. Les corps parlent dans la séance — les postures, les gestes, les distances, les regards. La sexualité, quand elle fait difficulté, n'est pas un sujet à traiter à part : elle est une expression particulièrement sensible de l'état du lien, de ses frontières, de ses peurs, de ce qui circule ou se fige entre les deux partenaires. Je l'accueille dans le travail thérapeutique chaque fois qu'elle se présente, sans en faire une catégorie séparée ni une performance à évaluer.

De la même manière, quand le processus thérapeutique y conduit naturellement, le travail peut s'ouvrir à la dimension transgénérationnelle. Un couple, ce n'est jamais seulement deux personnes — c'est la rencontre de deux lignées, avec leurs transmissions, leurs loyautés, leurs silences. Le génogramme, quand il est pertinent, permet de rendre visible le réseau de répétitions et de fidélités dans lequel le couple est pris. Non pas pour expliquer le présent par le passé, mais pour desserrer l'étau de ce qui se rejoue à l'aveugle et ouvrir un espace de symbolisation.

Ce que la thérapie de couple n'est pas

Je ne suis pas un médiateur. Je ne tranche pas les désaccords. Je ne suis pas l'allié de l'un contre l'autre — même quand l'un des deux me le demande implicitement, ce qui arrive souvent. Je ne suis pas non plus un sauveur de couples. Parfois, le travail thérapeutique conduit les partenaires à se retrouver autrement. Parfois, il les conduit à se séparer — et cette séparation, quand elle est pensée et non subie, peut être un acte de respect envers soi-même et envers l'autre. Mon rôle n'est pas de préserver le couple à tout prix. Il est de soutenir un processus vivant, dans lequel les deux personnes qui sont devant moi peuvent accéder à une vérité plus large que celle qu'elles se racontent quand elles sont seules ensemble. Je ne diagnostique pas. Je n'étiquette pas. Je ne dis pas « vous êtes en fusion narcissique » ou « votre couple souffre d'un défaut de différenciation ». Ces grilles existent et elles m'éclairent — mais elles ne doivent jamais se substituer à ce qui se présente, ici, dans cette séance, avec ces deux personnes-là.

Pour qui

Pour les couples qui sentent que « quelque chose ne va pas » sans pouvoir le nommer. Pour ceux qui tournent en rond dans le même conflit depuis des mois ou des années. Pour ceux qui s'aiment mais ne se rejoignent plus. Pour ceux qui hésitent entre rester et partir. Pour ceux qui traversent une crise — naissance, deuil, infidélité, déménagement, transition professionnelle — et qui sentent que le lien est ébranlé. Pour les couples hétérosexuels, homosexuels, queer, polyamoureux, recomposés, LAT, interculturels. La forme du couple m'importe moins que ce qui circule dans le lien. Et pour ceux, aussi, qui pressentent que leur difficulté de couple n'est pas un problème à résoudre, mais quelque chose à comprendre — quelque chose qui vient de loin, qui les dépasse, et qui demande un espace suffisamment solide pour être regardé en face.
 

Ce qui peut se passer

Je ne promets rien. C'est d'ailleurs le premier geste d'honnêteté que je peux offrir, dans un monde saturé de promesses. Mais ce que j'observe régulièrement, c'est ceci : quand deux personnes acceptent de ralentir, de cesser un instant de se défendre, de laisser émerger ce qu'elles ressentent vraiment — pas ce qu'elles pensent qu'elles devraient ressentir — quelque chose se modifie. Ce n'est pas spectaculaire. C'est souvent discret. Un regard qui change. Une phrase qui arrive enfin. Un silence qui n'est plus hostile mais partagé. Ce que Buber nommait la rencontre — deux êtres qui, l'espace d'un instant, se voient réellement. Cela ne résout pas tout. Certaines blessures sont irréversibles, certaines incompatibilités sont structurelles, certains héritages sont trop lourds pour que le couple seul puisse les transformer. Mais l'expérience de cette rencontre — même fugace, même fragile — change la donne. Elle ouvre une brèche dans la répétition. Elle rappelle que l'autre n'est pas seulement l'écran de mes projections, mais un sujet, là, devant moi, aussi perdu et aussi courageux que moi. C'est à partir de là que quelque chose de nouveau peut commencer. Non pas un couple « réussi » — cette notion n'a pas de sens — mais un couple un peu plus conscient, un peu plus vivant, un peu plus capable de tolérer ce qui fait le prix et le risque de toute relation humaine digne de ce nom : la présence réelle de l'autre.

En pratique

Séances de 1h130 au cabinet à Paris. Couples et individus en lien avec une question relationnelle. Les premières séances permettent de comprendre ce qui vous amène et de voir si un travail ensemble a du sens. Il n'y a pas de durée prescrite : certains suivis durent quelques mois, d'autres plus longtemps. Le rythme se décide ensemble.

Se Rencontrer

10 rue des francs bourgeois

75003 PARIS

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